tLe projet Carlina

Equipe
 
Hervé Le Coroller Chef de projet (étude du design et alignement des optiques, spécialiste ballon)
Julien Denjonghe Ingénieur optomécanique (conception et réalisation des pièces mécaniques)
Cristina Arpesella Calcul des aberrations et du correcteur
David Vernet Polissage des optiques

Antoine Labeyrie

Inventeur du principe des hypertélescopes
 

Nouveau : Premières franges obtenues le 17/05/2004

Préambule :

Le projet Carlina concerne la préparation des futurs hypertélescopes au sol et dans l'espace. Ces instruments seront capables de former des images résolues d'étoiles ou d’exoplanètes. En observant la surface des étoiles, ils apporteront des renseignements précieux pour la physique stellaire. Ils permettront également de voir si les autres étoiles ont des systèmes planétaires comme notre soleil et pourront éventuellement détecter d’autres formes de vie dans l’univers. Ces observations ne sont pratiquement pas envisageables avec des télescopes classiques. La taille du miroir donne la limite de résolution, c'est-à-dire la capacité du télescope à voir des détails. Aujourd'hui, les télescopes les plus grands du monde comme le VLT au Chili ou les Keck à Hawaii sont capables de résoudre uniquement les étoiles les plus grosses et les plus proches (lorsque l’étoile est résolue, on peut mesurer le rayon apparent de celle-ci). Même pour ces instruments, la plupart des astres apparaissent comme des points et ne sont pas mieux résolus qu'avec notre œil ! L'intérêt de ces grands télescopes est surtout de collecter beaucoup de lumière et de voir ainsi des objets très peu lumineux et très lointains (étoiles, galaxies, nuages interstellaires, etc.). En contrepartie, leurs capacités à grossir et à voir des détails restent très limitées. L’interférométrie et le concept d'hypertélescope apportent des solutions originales pour obtenir une forte résolution.

 

Description du projet Carlina :

Ce projet d'hypertélescope est l'analogue optique et dilué du radio-télescope d'Arecibo, mais il utilise un ballon pour porter l'optique focale. Ce type d'interféromètre est donc constitué de petits miroirs disposés sur la surface virtuelle d'un grand miroir sphérique (un cratère ou une cuvette naturelle). Dans un premier temps, on peut disposer ces miroirs en anneau sur un terrain plat. La lumière provenant de l'étoile se réfléchit sur ces miroirs et se focalise au-dessus du sol, à la moitié du rayon de la sphère. A cet endroit, une nacelle portée par un ballon contient un correcteur de Mertz qui corrige l'aberration de sphéricité du grand miroir, un système de densification de la pupille qui corrige l'effet de dilution du grand miroir (voir schéma) et une caméra. Cette caméra peut aussi être remplacée par un jeu de miroirs qui renvoie la lumière vers un télescope au sol. Cette configuration coudé permet d'ajouter des instruments focaux lourds et encombrants pour une nacelle.

Figure 1 : Vidéo à l'échelle (les cordes sont grossies pour être visibles) du projet Carlina. Les rayons de lumière provenant de l'étoile sont en bleu transparent. Ces rayons se réfléchissent sur des miroirs au sol (25 cm chacun) disposés sur une sphère. Les cordes principales sont en rose et forment un trépied sous le ballon. Le sommet de ce trépied coïncide avec le centre de courbure de la sphère. Sous le trépied et à la moitié du rayon de la sphère (35 mètres) on suspend une nacelle (triangle en rouge) où les rayons de l'étoile se focalisent. La lumière peut ensuite être renvoyée vers un télescope au sol (Voir dessin avec légende ). Pour suivre l'étoile, la nacelle est entraînée par les cordes vertes et des moteurs. Vous pouvez télécharger un petit film qui présente le montage (format Mpeg: 3 Mo ou 11 Mo à télécharger).

 

Grâce au ballon captif on valide en grandeur réelle, l'ensemble des sous-systèmes d'un hypertélescope (le suivi, le correcteur focal de Mertz, le densifieur de pupille, etc.), sans avoir à construire une gigantesque monture comme c'est par exemple le cas pour Arecibo. Notons que la même configuration optique pourrait être utilisée en orbite (miroir et recombineur portés par des satellites). Enfin, la possibilité d'un miroir partiellement dilué est envisageable pour les projets d'ELTs.

 

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